Jimin : « Nous ne pouvons pas connaître nos limites avant de les atteindre »
Traduit de l’anglais (GQ Korea du 18/10/2023) par #Lolo
Jimin, un langage à lui-même.
Qu’avez-vous pensé de mardi dernier ? Vous avez fait une séance photo avec GQ dans un jardin qui donnait l’impression de sortir d’un conté de fée.
Jimin : C’était un plaisir de tourner avec des vêtements géniaux et une compagnie géniale.
Le jardin était trempé après la pluie, mais vos « couleurs » sont ressorties de manière plus vive. Si vous pouviez décrire l’atmosphère de cette journée avec une couleur, laquelle choisiriez-vous ?
Jimin : Si je devais la décrire en une couleur… une teinte de fleur de cerisier me vient à l’esprit.
Je vois. Je me souviens toujours de la manière dont votre visage ressortait dans ce costume aux couleurs de fleurs de cerisier. Il me semble que ce que vous portez a un impact marquant sur vous. Quel est votre état d’esprit quand vous vous exprimez à travers la mode devant l’objectif, comparé aux moments où vous vous produisez sur scène en chantant et en dansant ?
Jimin : De par mon expérience, les meilleures photos sont celles où je reste naturel. Donc, je fais l’effort de relâcher mon corps le plus possible pendant les séances photos.
Cette année, pendant un de vos lives, vous avez présenté l’album Face et avez dit, « je voulais proclamer haut et fort que j’allais surmonter cette période d’égarement et les émotions qui en ont résulté ». Pendant la FESTA BTS de 2021, vous avez aussi dit que ce en quoi vous « croyez » est quelque chose que l’on peut « créer » mais que vous « ne croyez pas » que « le destin est arrêté ». Avancer selon vos propres termes grâce à vos efforts compte beaucoup pour vous, n’est-ce pas ?
Jimin : Je pense que personne ne peut fixer ses propres limites. Bien qu’elles existent, nous ne pouvons pas les connaître avant de les atteindre. C’est pourquoi je comprends parfaitement le courage et l’effort qu’il faut avoir pour croire en soi-même et continuer d’avancer. Préparer le chemin à suivre et avancer par nos propres efforts est vraiment remarquable.
En écoutant Face, j’ai eu l’impression que la confession la plus sincère permettait à l’artiste et à l’auditeur de créer véritablement une connexion. C’est comme si vos mots dirigeaient mes émotions, comme si « la lumière émanait de blessures ouvertes, permettant d’éclaircir les choses d’une nouvelle manière » (Extrait d’Even with a Very Faint Light de Choi Eunyoung).
Jimin : Waouh, merci ça me touche beaucoup.
L’album parle d’affronter et de surmonter ses blessures intérieures, donc le réconfort n’a peut-être pas été son but premier. Malgré tout, avez-vous été réconforté par la réaction des fans ?
Jimin : Nous trouvons toujours du réconfort dans les paroles bienveillantes, les applaudissements et le soutien des fans. Le plus grand réconfort et cadeau reste le moment où nous retrouvons nos fans en personne. Ça n’a jamais changé.
En janvier 2022, lors d’une interview avec GQ, RM a dit que « les confessions peuvent parfois rendre les gens plus forts » en parlant du pouvoir cathartique de la musique. Bien que ce soit important d’être honnête avec les fans, il a admis ressentir un mélange de peur et de liberté. Plusieurs mois se sont écoulés depuis la sortie de Face : d’après vous, que vous a-t-il apporté ? Après tout, certaines émotions ne deviennent claires qu’après du recul.
Jimin : L’album m’a aidé à avoir une compréhension claire des émotions complexes que je ressentais à ce moment-là mais que je n’arrivais pas à cerner. Grâce à ces expériences, je n’ai plus peur à l’idée de me reprendre en main pendant les moments difficiles où j’ai l’impression de ne plus pouvoir me relever.
Après avoir canalisé et digéré vos émotions à travers votre travail, avez-vous pris la décision consciente de vous accrocher à ces émotions fuyantes plutôt que de les laisser disparaître ? Avez-vous maintenant une méthode pour capturer ces émotions ?
Jimin : Quand je sens qu’une émotion qui émerge en moi a un caractère spécial, j’attrape mon téléphone et je la note dans l’application Notes dans la foulée. Parfois, quand je repense à mon comportement ou à mes pensées cette année-là, certaines émotions m’envahissent. Je ne manque pas de les noter également.
L’idée de combler les trous, qui ne peuvent pas être reflétés par la musique, par la chorégraphie est très ingénieuse. Vous avez l’air d’avoir dépassé la danse pour vous intéresser à la conceptualisation et à la planification.
Jimin : C’est bien ça. Pendant la planification, quand nous discutions de la direction globale à prendre ou de la chorégraphie, je participais activement à la conversation en partageant mes idées et les concepts qui ont émergé pendant l’écriture des chansons. Je trouve cette partie du processus très agréable.
Cela n’a pas été inclus dans l’interview avec GQ publiée en janvier 2022, mais vous avez mentionné que vous pensiez souvent au sens des choses abstraites, comme les relations, la loyauté et l’amour. Avez-vous l’impression de trouver les réponses à ces concepts ? À quoi pensez-vous ces jours-ci ?
Jimin : Ce sont toujours des notions stimulantes pour moi, car je suis encore en train de mûrir et de devenir adulte. C’est peut-être pour cela que mes pensées changent tous les jours. Parfois, des mots comme relation, loyauté et amour ont un sens vide pour moi, mais il y a aussi des moments où ils résonnent chaleureusement en moi même si je ne les comprends pas entièrement. Je veux continuer à ressentir un large spectre d’émotions.
Est-ce pour cela que votre musique et votre danse donnent l’impression de capturer la dualité et la complexité des émotions ? Cette qualité rend chaque écoute nouvelle et laisse une impression qui dure. De quoi avez-vous besoin personnellement pour traduire ces émotions en musique, puis en danse ?
Jimin : La première fois que j’entends une chanson, c’est important pour moi de la ressentir réellement. Je fais tout mon possible pour me souvenir de ces pensées initiales et pour les exprimer entièrement par la suite quand je suis sur scène.
BTS a réussi à rendre le concept de « barrière de la langue » superflu. Après que BTS est entré dans le classement Billboard pour la première fois, j’ai été très touché quand vous avez dit : « le langage de BTS est en train d’atteindre les différents coins du monde. Au lieu de fixer des objectifs grandioses, j’espère que notre langage continuera de toucher les gens dans des endroits variés ». Selon vous, quelle est la clé pour surmonter la barrière de la langue ?
Jimin : Pour arriver où nous en sommes aujourd’hui, notre équipe a affronté des batailles considérables. Nous nous sommes égarés occasionnellement et avons vécu des conflits mais nous nous sommes toujours soutenus les uns les autres. La joie, la tristesse, la douleur, le bonheur et l’amour que nous avons ressenti tout ce temps — nous sommes restés honnêtes sur ces sujets. Je pense que ces émotions ont parlé aux gens. Donc au bout du compte, ce n’est pas la langue qui compte mais le cœur qui comble l’écart.
Si toutes les langues du monde devaient disparaître et qu’il ne devait rester qu’une seule forme d’expression, laquelle choisiriez-vous ?
Jimin : Je choisirais de garder le fait de s’incliner devant les gens : baisser la tête comme moyen de salutation. Ce geste simple contient une multitude de significations : il peut vouloir dire un bonjour chaleureux, un merci ou un au revoir, et il peut aussi incarner une forme de considération pour l’autre personne. Si une seule une forme de langage ou d’expression devait survivre, j’aimerais que ce soit ce geste qui illustre les salutations, la gratitude et le respect.
Parmi tous les mots réconfortants que vous avez entendus cette année, lequel a été le plus impactant ? Et quels mots réconfortants choisiriez-vous à destination du public ?
Jimin : Il y a beaucoup de manières différentes de ressentir de la joie. Cette année, j’ai souvent entendu de la part des fans, des connaissances et des collègues : « Ce n’est pas grave. Tu t’en sors bien, même si tu n’avances pas aussi vite que tu le souhaites. » Ces mots ont rendu mon année plus joyeuse. Alors au lieu d’offrir des paroles réconfortantes, j’aimerais poser une questions à toutes celles et ceux qui lisent cette interview : « À quel moment ressentez-vous de la joie et du bonheur ? » Nous avons tous nos propres chemins, mais j’espère que vous vivrez un moment de joie et de bonheur au moins une fois par jour.
Vous dites souvent : « Nous resterons les mêmes » ou « Nous n’aurons probablement pas changé même quand nous aurons quarante ans ». Apparemment, vous avez la conviction que vous resterez le même, comme si vous ne laissiez pas le temps passer, mais plutôt comme si vous l'accompagniez. En tant que membre de BTS, mais aussi en tant qu’individu, quelle est la chose que vous ne voudriez pas voir changer ?
Jimin : BTS a posé les bases pour que nous soyons nous-mêmes. Je ne pense pas qu’il y ait besoin de plus d’explications. C’est quelque chose qu’il faut que nous gardons en tête au fil des années.
À la question « Quand vous sentez-vous le plus aimé ? », vous aviez répondu auparavant : « Quand tous les membres sont réunis. » Est-ce toujours ce que vous ressentez ?
Jimin : Ça n’a pas changé. J’ai la conviction qu’une équipe fonctionne au mieux et reçoit le plus d’amour quand ses membres travaillent ensemble.
Vous avez toujours cité Epilogue: Young Forever comme la chanson qui compte le plus pour vous. En 2021, vous avez posté sur Weverse que quand vous l'écoutez, vous pensez à tou·te·s les fans qui chantent en cœur dessus. Qu’est-ce qui vous vient à l’esprit ces jours-ci quand vous écoutez Epilogue: Young Forever ?
Jimin : Je me souviens de la vue que j’avais depuis la scène. C’étaient des moments incroyablement chaleureux. Ce sont des joyeux souvenirs qui restent avec moi.
Chaque visage dans le public a dû briller d’un éclat vif et chaleureux, comme une ARMY bomb.
Jimin : Vous avez parfaitement raison. Tous les membres ont hâte de remonter sur scène, pour s’imprégner de l’éclat de nos fans et chanter à nouveau ensemble.


