J-Hope sort de sa boîte
Traduit de l’anglais (Consequence du 15/07/2022) par #Lolo
Le membre de BTS dévoile une nouvelle ère sombre, ses objectifs pour la scène et son premier album solo.
J-Hope est pile à l’heure.
Quand je me connecte sur Zoom, l’heure du déjeuner approche à Séoul, c’est la tombée de la nuit à New York et il est 4 heures du matin à Madrid (la ville où je passe la semaine), J-Hope est déjà là, sirotant un café glacé de Starbucks et jouant avec ses bagues. « Bonjour ! » dit-il, le visage souriant.
J-Hope représente 1/7ème du groupe BTS, bien sûr. Au sein du groupe de superstars internationales, il tient le rôle de danseur principal en plus d’être rappeur, auteur-compositeur et producteur. Pendant ces dix dernières années passées sous le feu des projecteurs, J-Hope s’est construit une réputation en tout point adaptée à son surnom. Il est connu comme étant un rayon de soleil, un optimiste imperturbable au style de rue aussi dynamique et coloré que sa musique.
Ce J-Hope, installé pour l’interview vêtu d’un polo rayé sur lequel est inscrit READYMADE à l’envers, contraste avec le J-Hope que l’on a aperçu dans les photos concepts pour Jack in the Box, son premier album solo complet (disponible le 15 juillet). Alors qu’il figure devant des voitures en feu, des paysages apocalyptiques et des immeubles dévastés vêtu de plusieurs combinaisons variées dans ses images promotionnelles, ce J-Hope a l’air décontracté, comme s’il revenait du studio de danse. Relax, en grande partie.
Il m’explique qu’il est nerveux. Nerveux et excité. Notre conversation a lieu 5 jours avant la sortie de Jack in the Box et quand je mentionne qu’il ne reste que quelques jours avant qu’il ne puisse enfin voir les réactions du public, il pousse un cri et enfouit son énorme sourire dans ses coudes.
J-Hope était occupé. Avec l’emploi du temps débordant des membres de BTS, ce fut un miracle qu’il fut capable de dégager du temps pour conceptualiser et créer son propre album. L’excitation provenant de la sortie de Proof de BTS en juin, une vaste anthologie qui raconte leur premier chapitre musical de ces dix dernières années, est à peine retombée. « La signification est toute autant importante que lorsqu’on travaille en groupe avec BTS », raconte-t-il à propos du temps passé sur la préparation de Jack in the Box. « Mais c’est vrai que, puisque je suis le premier à sortir un album entier parmi les membres, je ressens un poids sur les épaules. J’ai la responsabilité de lancer ce chapitre de la meilleure façon qui soit. »
La manière dont J-Hope parle de lui-même à l’intérieur de la constellation BTS est intéressante. Malgré que cette conversation ait été construite pour qu’il puisse parler de son travail d’artiste solo, il mentionne souvent les autres membres et son rôle dans le groupe. « Les membres m’ont inspiré, le type de musique qu’ils produisent et l’image qu’ils présentent au monde », explique-t-il. Il confie que depuis les débuts du groupe en 2013, il a beaucoup et longuement réfléchi à ce qu’il pouvait apporter en tant que membre du septet mais aussi par lui-même, en tant que J-Hope.
Ce qui l’a conduit à ce moment et à un album qu’il a commencé à préparer au début de la pandémie, quand la tournée MAP OF THE SOUL World Tour de BTS a été repoussée, à nouveau repoussée et finalement annulée. Comme nous, J-Hope était chez lui, avec une abondance de temps libre, et s’est senti prêt à explorer une facette différente de lui-même.
Sa personnalité éclatante est une partie sincère de sa personnalité, sans aucun doute, particulièrement avec son rôle d’artiste et sa place dans BTS. Il n’a juste jamais eu le temps ou la place d’exprimer l’autre côté de sa pièce. « Je voulais montrer un aspect différent, autre que le côté ensoleillé et joyeux que je possède en tant que membre de BTS. J’ai toujours eu un message clair que j’ai voulu transmettre avec cet album. Peut-être l’ombre de l’autre côté de mon caractère ensoleillé et joyeux que j’ai l’habitude de montrer. » Il marque un temps d’arrêt. « Montrer la même vibe que celle que je montre avec BTS n’est peut-être pas le bon choix pour aborder ces sujets plus sombres et sérieux. »
Le premier aperçu du côté obscur de J-Hope est un single révélé en avant-première le 1er juillet, un titre granuleux teinté de rock appelé MORE. Il n’y a pas de chorégraphie dans le clip qui l’accompagne, celui-ci fait référence à Fight Club. Cette nouvelle ère a officiellement commencé par une détonation sombre et frémissante.
Dans le monde de la K-pop, J-Hope est connu (légitimement) pour être un touche-à-tout. Il est un danseur envoûtant et un rappeur énergique. Sa présence scénique est une pure merveille. Contrairement à beaucoup de rappeur·se·s, il peut aussi chanter. Il est un producteur talentueux. L’univers de Jack in the Box est relié aux jeux de cartes, approprié pour un valet aux multiples branches.
Avec une capacité immense à sa disposition, c’est sûrement difficile de savoir par où commencer. Pour J-Hope, cela signifie revenir au point de départ, d’une certaine manière.
Il a toujours adoré l’histoire de la boîte de Pandore, mais le mythe a pris une nouvelle signification il y a 10 ans, quand il se préparait à faire ses débuts avec BTS. Il nous raconte le jour où il a choisi son nom de scène, assis avec RM (le leader du groupe) et leur producteur Bang Sihyuk qui a réuni BTS. J-Hope, né Jeong Hoseok, voulait incorporer l’initiale de son nom de famille J et les deux premières lettres de son prénom dans son nom de scène (J-Ho n’a pas été retenu). Quand il a entendu le producteur Bang proposer J-Hope, il a senti que le destin frappait à sa porte.
« Ça fait 10 ans que j’ai choisi mon nom de scène J-Hope et ce moment est resté dans mon cœur », se souvient-il. « Il a transformé qui je suis et j’ai toujours voulu partager cette histoire à travers la musique. »
Quand bien même, être 1/7ème du plus grand groupe de la planète s’accompagne de restrictions. Les membres semblent généreux et gracieux entre eux pour des projets à court et à long terme. Quand une vidéo d’une heure s’attarde sur chacun des membres de BTS annonçant leurs plans et projets solos, ceux-ci se sont attardés sur leur avancée en équipe pendant presque 10 ans.
Cette période actuelle, nommée Chapitre 2, est un temps pour chacun d’entre eux d’exprimer leurs individualités comme ils l’entendent. « La musique que j’ai faite jusqu’à maintenant s’apparente à un J-Hope toujours dans la boîte… Donc le thème de cet album est de sortir de cette boîte », révèle J-Hope. Il mentionne ensuite plusieurs des merveilleux accomplissements de BTS : le discours aux Nations Unies, des concerts à guichets fermés dans des stades de 70 000 places qu’il décrit comme : « se produire dans de nombreuses salles et stades ». Il souligne aussi son désir de continuer à repousser ses limites pour explorer de nouvelles choses dans sa musique et son art.
Relever de nouveaux défis est très important pour lui et il n’a pas peur des critiques. C’est en partie la raison pour laquelle il a accepté le défi de se produire à Lollapalooza, où il a été nommé tête d’affiche pour clore le festival, quelques semaines avant l’événement. Il nous confie que son cœur bat le plus fort quand il est sur scène, mais le choix d’un festival global comme Lollapalooza était hautement intentionnel.
« J’aurais peut-être pu choisir de monter sur scène devant mes fans, qui m’aiment déjà en plus de mes performances », songe-t-il. « Cependant, j’ai choisi Lollapalooza car je veux tester mes limites. Je voulais organiser et interpréter ma musique devant des gens qui aiment la musique, même s’iels ne sont pas mes fans. Que les réactions soient positives ou négatives, je veux connaître ces réactions, pour que je puisse grandir. »
questions complètes et des réponses encore plus poussées à une cadence qui mérite des applaudissements. Quand elle traduit l’une de ses pensées sur Lollapalooza : « J’étais peut-être trop sûr de moi, ou même trop arrogant, quand j’ai accepté de relever ce défi, en plus de produire mon album », je secoue la tête avec empathie. Peut-être qu’il ne sait pas que le jour suivant l’annonce de J-Hope en tant que tête d’affiche, Lollapalooza a restructuré sa page d’accueil, en ajoutant un bouton avec son nom, pour accueillir l’afflux de personnes qui sont venu·e·s acheter un ticket juste pour voir sa performance du dimanche soir.
Bien qu’il se sente un peu nerveux, un peu excité, il espère que Jack in the Box puisse lui servir de carte de visite. Il n’y a pas de collaborations ni d’invités sur l’album et il a hâte d’interagir et de travailler avec des personnes de son domaine.
Quand je lui demande ce qui l’inspire ces jours-ci, sa réponse est immédiate. « Les gens », dit-il en anglais, son sourire signature aveuglant, même à travers Zoom.


