Interview de J-Hope pour Los Angeles Times d'avril 2025
Traduit de l’anglais (Los Angeles Times du 5 avril 2025) par #Lolo
J-Hope de BTS sur son succès dans les classements Billboard et le fait d’être devenu le premier artiste coréen solo à tenir un concert au BMO Stadium
Vous pourriez penser que la plupart des gens auraient besoin d’une pause après 18 mois dans l’armée. Mais la plupart des gens ne sont pas plus connus sous le nom de J-Hope de BTS. On dirait que l’icône pop internationale venait à peine de troquer son uniforme pour une tenue civile en octobre dernier avant qu’il prenne un avion pour Los Angeles, prêt à travailler sur de nouveaux projets. Alors qu’il était encore à l’armée, J-Hope a sorti HOPE ON THE STREET Vol.1, un album spécial accompagné d’une série documentaire du même nom dans laquelle il explore la danse de rue dans plusieurs villes à travers le monde.
Il a travaillé sur cet album avec les producteurs de Los Angeles Benny Blanco et Blake Slatkin. Il s’est à nouveau tourné vers Slatkin pour son dernier titre : la danse virale qui s’associe à Mona Lisa, un single sorti dans la foulée de Sweet Dreams (ft. Miguel).
Et bien que l’album Jack in the Box, acclamé par la critique, marque ses débuts, un album dont le grunge-rock rencontre le hip-hop boom bap, sa discographie solo remonte à bien plus loin.
L’album Wings de BTS datant de 2016 fut le premier à inclure des titres solo des sept membres. Avant cela, le focus de J-Hope s’était porté sur son rap swag et ses capacités de danse, qui prennent leurs racines dans ses premières années où il était membre de la troupe de danse de Neuron à Gwangju en Corée du Sud (Il est sans conteste le maître du swag de BTS).
Avec MAMA, sa contribution solo de l’album Wings, il est allé jusqu’à devenir un vocaliste contrôlant les qualités sincères de sa voix pour rendre hommage à sa mère.
2018 a marqué un tournant lorsqu’il sort Hope World, une mixtape de six titres, suivie du single Chicken Noodle Soup (ft. Becky G). Bien que ce titre hip-hop remuant ait été inspiré d’une chanson de 2006 des artistes new-yorkais DJ Webstar et Young B, il met en vedette la vocaliste née à Inglewood Becky G, ainsi que des paroles en coréen, anglais et espagnol. Donc il semble évident qu’il ait pris un avion pour Los Angeles pour tourner le clip avec des membres de la communauté de danse de Los Angeles et qu’il ait fait la chorégraphie devant une voiture jaune typique de Chicken Shack.
Depuis que son groupe a annoncé une pause temporaire en 2022 pour se concentrer sur des projets solo, (en se basant sur l’image occidentales des boys band, les fans ont eu peur qu’ils se séparent : ce n’est pas le cas), tous les membres ont sorti des albums, aux succès individuels, et ont même préparé plusieurs projets destinés à être révélés pendant leur service.
En Janvier, J-Hope annonce sa tournée Hope On The Stage, sa première en tant qu’artiste solo avec des dates en Amérique de Nord : Brooklyn, Mexico, San Antonio et Oakland. La tournée est divisée en sections qui relatent la chronologie de sa carrière. La production inclut un groupe et utilise 28 plateformes montantes qui se positionnent suivant le type de prestation.
Sweet Dreams (ft. Miguel) et Mona Lisa ont tous les deux été révélés par surprise pendant la tournée et un troisième single est prévu pour la partie asiatique qui démarre aux Philippines le 12 avril.
Chaque étape inclut une interaction sur-mesure avec ARMY, le fandom de BTS célèbre pour sa passion et sa diversité. Les événements vont de la nourriture locale jusqu’à des produits dérivés spécifiques selon la localisation, certains créés grâce à l’opinion de l’artiste, connu pour son sens de la mode, et des challenges de danse. Les fans ont aussi eu l’opportunité d’acheter un package où iels peuvent « dire au revoir » à J-Hope.
Au fur et à mesure de la tournée, des pages Instagram « For You » ont mis en valeur sans faiblir des selfies avec la star connue pour être joyeuse et de mignonnes interactions avec lui. Il semble s’approprier les enjeux avec chaque ville qui se présente : dansant vêtu de chapeaux de cow-boy et de bottes à San Antonio, prononçant des phrases entières en espagnol à Mexico et même en se rapprochant assez près pour enlacer et tenir la main de fans.
Avant les dernières étapes de la tournée nord-américaine, vendredi et dimanche au BMO Stadium, The Times s’est entretenu avec la star mondiale près du stade en centre-ville. Une conversation intime qui s’est tenue après une séance photo entre deux promotions le jeudi (il est apparu au match des Lakers peu après). Nous avons parlé de sa relation avec la ville, son métier d’artiste, son amour pour ARMY et ses prochaines ambitions.
Félicitations ! Mona Lisa fait partie du Billboard Hot 100 depuis cette semaine et c’est votre septième chanson à y parvenir.
J-Hope : Waouh.
Vous êtes à égalité avec Jungkook.
J-Hope : (rires) C’est vraiment un honneur d’avoir autant de mes chansons dans le classement, et je suis incroyablement reconnaissant de tant de manières différentes. J’ai fini par me rendre compte du nombre de gens qui aiment et qui se retrouvent dans ma musique, et en même temps, ça me pousse à réfléchir au type de musique que je devrais créer à l’avenir en tant qu’artiste. Je pense que ma vie ces jours-ci est pleine de perspectives encore plus grandes et d’excitation pour le futur.
Avec Jack in the Box, vous n’étiez pas forcément préoccupé par les classements, mais vous semblez être plus ambitieux avec ces singles. Est-ce le cas ?
J-Hope : Oui, vous avez tout compris. Je pense que c’était un défi qu’il fallait que je relève après mon service militaire. Et jusqu’à maintenant, je me suis concentré sur ce que j’aimais mais cette fois-ci, je voulais collaborer avec des producteurs géniaux qui ont une compréhension profonde de la culture. J’étais curieux de connaître leur point de vue sur J-Hope en tant qu’artiste. Après avoir fait ce pas en avant, je me suis dit que ça allait ouvrir de nouvelles portes pour expérimenter et emmener ma musique au niveau supérieur. Je sens vraiment que c’est une bonne période pour moi.
Jack in the Box était incroyable mais Sweet Dreams (ft. Miguel) et Mona Lisa ont une vibe sexy différente et ARMY adore ça. Aimez-vous leurs réactions ?
J-Hope : Eh bien vous savez, je n’avais pas trop ça en tête quand je travaillais sur ces chansons mais je voulais faire une chanson qui exprimait ma maturité après mon service militaire. Donc c’est finalement venu naturellement. Je voulais montrer une autre facette de moi-même en tant que J-Hope et je veux montrer quelque chose de nouveau pour moi et mes fans.
Peut-on parler de Jay ?
J-Hope : Jay ? (rires) Oui ok, ARMY m’appelle…
C’est un peu un jeu entre vous et les ARMY américain·e·s : vous vous transformez en « Jay » quand vous atterrissez aux États-Unis. Comment le décririez-vous ?
J-Hope : Vous savez, je trouve aussi ça très drôle. J’adore l’ambiance des États-Unis. Je m’amuse et profite et grâce à ça, je peux montrer un côté plus authentique. Les fans semblent aussi aimer ça donc je prends beaucoup de plaisir d’avoir pu partager ça ici, aux États-Unis.
Vous semblez passer une des meilleures périodes de votre vie pendant cette tournée. Vous interagissez beaucoup avec les fans, de façon plus personnelle en allant à leur rencontre quand vous interprétez = (Equal Sign) où vous choisissez quelqu’un [pour interagir avec lui ou elle]. Y a-t-il un moment qui sort du lot ?
J-Hope : Je pense que vous me connaissez par cœur depuis le temps et ça me touche vraiment. Je voulais montrer quelque chose de génial pour les fans qui ont attendu si longtemps et je voulais former un lien très personnel à travers ces concerts et performances. Il y a une chanson qui s’appelle = (Equal Sign) et la première phrase des paroles parle de la façon dont on se voit en tant que personnes au même pied d’égalité : « Personne n’est supérieur à l’autre / Et personne n’est inférieur à l’autre ». Je voulais respecter à la lettre ce message, plutôt que de rester sur une scène élevée avec le public en contrebas, et je voulais vraiment établir un contact avec mes fans en les interpellant directement et en les regardant dans les yeux. Cette connexion avec mes fans a été incroyablement pleine de sens.
Avec les prochaines performances qui arrivent vous devenez le premier artiste solo coréen à se produire seul au BMO Stadium (il est aussi le premier artiste coréen masculin à donner un concert dans un stade en Amérique du Nord). Pensez-vous que le Jung Hoseok de 2013 qui s’étonnait même de recevoir un seul paquet de lettres de fans aurait pu envisager tout ça ?
J-Hope : Bien sûr, je n’aurais pas pu imaginer à l’époque que j’aurais ce genre de vie et j’apprécie vraiment ce que j’ai aujourd’hui. Avec le temps, je suis très reconnaissant de voir que de plus en plus de gens écoutent et aiment ma musique. J’ai l’impression que ce sont leur soutien et leur passion qui me permettent d’être l’artiste que je suis aujourd’hui.
Hope on the Stage est en partie un hommage à vos origines de danseur de rue mais vous chantez aussi beaucoup [pendant le concert] avec un groupe. Vous avez un peu mis en retrait votre capacité vocale mais vous possédez une belle voix qui est vraiment flexible. Quand avez-vous réalisé que vous pouviez chanter ? Était-ce une extension naturelle de votre rap ?
J-Hope : C’est une question intéressante. En continuant dans le domaine de la musique, je pense avoir développé un style qui met en valeur une certaine polyvalence. À travers ce processus, j’ai essayé d’explorer et d’expérimenter avec ma voix de nombreuses manières différentes et je pense que c’est reflété dans ma voix d’aujourd’hui. J’essaie de chanter de manière naturelle sans rien forcer et j’ai l’impression que le public apprécie. Est-ce que ma voix est parfaite ? C’est quelque chose auquel je dois réfléchir mais je m’engage et je compte l’améliorer. C’est un peu difficile de cibler un moment particulier. Avant mes débuts, j’ai eu des leçons de chant et en commençant les enregistrements, mon style vocal a naturellement commencé à se développer. C’est compliqué de situer exactement ce tournant mais c’était un processus graduel.
Pendant que vous travailliez ici, vous êtes allé à In-N-Out et avez expérimenté tout ce que Los Angeles a à offrir. Lors des premiers jours de BTS, vous avez filmé une téléréalité où vous avez été conseillés par Warren G et Coolio. Ils vous ont même emmené aux VIP Records de Long Beach…
J-Hope : Vous avez regardé ça, waouh (rires).
Oui… (rires) American Hustle Life. Avez-vous appris quelque chose sur le hip-hop avec cette expérience que vous avez gardé aujourd’hui ?
J-Hope : C’était plus qu’une simple influence musicale. J’étais très jeune à l’époque et si j’avais l’opportunité de le refaire, je pense que j’aurais pu comprendre et absorber beaucoup plus de choses. Mais à ce moment-là, le but était de s’adapter à une nouvelle culture, différente de celle avec laquelle j’ai grandi. Et je pense que ces moments ont été cruciaux pour grandir et forger la personne que je suis aujourd’hui. C’est la leçon la plus importante que j’ai apprise de cette expérience.
Repose en paix Coolio.


