Interview entre J-Hope et Nigo: HUMAN HOPE, où le passé et le futur coexistent.
Traduit de l’anglais et du coréen (bts-interviews et GQ Korea du 15/04/2023) par #Baem et #Lolo
Nigo et J-Hope : Entre temps accumulé et fluide. GQ les a rencontrés en exclusivité avant la sortie de leur collaboration, née à la croisée des chemins du temps.
Quels sont vos goûts musicaux du moment ?
J-Hope : LUX de Rosalia, ma chanson préférée était La Perla.
Nigo : Aujourd’hui j’ai écouté l’album de John Lennon, Power To The People.
Vous êtes fan des Beatles. Préférez-vous John Lennon ?
NG : J’aime tous les membres. C’est difficile de n’en choisir qu’un.
Vous rappelez-vous de votre première rencontre ?
NG : Nous ne nous sommes pas vus au départ pour telle ou telle raison. Puis, il y a un an, nous avons dîné chez moi à Tokyo. Beaucoup de mes amis disaient qu’il était une personne incroyable. Il dégageait une vibe très amicale donc je ne me suis pas vraiment dit : « C’est une star ! », c’est peut-être la raison pour laquelle nous sommes rapidement devenus amis.
JH : J’étais nerveux parce que j’ai toujours admiré Nigo. J’étais si heureux que tu m’aies invité dans un endroit si extraordinaire. Je me souviens que le curry était très bon…En mangeant, je t’ai posé des questions sur les sujets dont j’étais curieux.
Quelles étaient ces questions ?
JH Je lui ai demandé ce qu’il pensait de ses créations, s’il appréhendait les réactions des autres lorsque ses oeuvres étaient présentées au grand public. Ce qui m’a le plus impressionné est le fait que les gens aiment quand les artistes font ce qu’ils affectionnent le plus. J’ai pensé la même chose, quand on aime quelque chose, notre expression devient plus authentique, plus vraie.
Comment est née la collaboration HUMAN HOPE ?
NG : Je savais que J-Hope était un fan de la première heure de Human Made et nous avons naturellement discuté de la possibilité de créer quelque chose ensemble. L’écureuil du logo vient du personnage de J-Hope. Et puisque nous sommes deux personnes, il y a deux écureuils.
JH : Porter des vêtements Human Made fait ressortir ma vraie personnalité. Je suis qui je suis et me sens confiant et plein d’énergie. Lorsque nous avons imaginé une collection collaborative, je voulais que le message d’espoir, comme mon nom de scène, se fasse ressentir. Quand j’ai entendu le nom HUMAN HOPE je me suis dit “C’est génial !” Simple mais intuitif et par-dessus tout, cela donne une ambiance vibrante et optimiste, n’est-ce pas ? J’ai aussi beaucoup aimé le graphisme des arbres, de l’herbe et des glands autour de l’écureuil.
Si vous deviez donner un nom à cette collaboration, que serait-il ?
JH : “Les rêves deviennent réalité”. Je suis un fan de Nigo depuis Vape et je suis proche de Pharrell alors j’ai pu l’observer de loin. J’admirais sa créativité alors j’ai lu et vu ses interviews et j’ai étudié Human Made. Lorsque le moment est venu, je suis devenu fan.
NG : Pourquoi pas l’amitié ? Ce n’est pas commun pour moi de créer quelque chose avec une autre personne. C’est la raison pour laquelle cette rencontre est encore plus spéciale.
Quelle pièce de mode la plus élaborée J-Hope porte le plus sur scène ?
JH : Les vêtements jouent un rôle très important dans la performance. Les lignes, les angles, l’atmosphère, la synergie de la danse changent beaucoup selon ce que vous portez. Mais par-dessus tout, les chaussures sont le plus important car elles déterminent le type et la direction que vous voulez donner à la danse.
En parlant de cela, vous portez les mêmes chaussures aujourd’hui ?
JH : Je porte une paire de Nike x NIGO x Levi’s Air Force 3. Nigo me les a offertes.
NG : C’est un modèle Kintsugi sur lequel j’ai travaillé en collaboration avec Nike. Le design s’inspire d’un motif traditionnel japonais qui consiste à réparer de la poterie cassée.
Avez-vous d’autres pièces qui occupent une place importante dans votre garde-robe ?
JH : Je trouve que les pantalons ont une grande importance. Je pense que la coupe crée l’humeur d’une personne. J’achète des pantalons qui vont me tenir dans la durée. Les vêtements ont une place à part dans ma vie car je les achète grâce au fruit de mon travail. Pour me décider, je me demande “Est-ce que je vais pouvoir les garder toute ma vie?”.
NG : Les trois catégories de lunettes, couvre-chefs et sneakers occupent des proportions égales dans ma garde-robe.
JH : Il y a beaucoup de pièces d’archive et vintage chez Nigo. J’ai été surpris lorsque je suis venu dans son atelier. Je ne connaissais pas grand-chose à propos du vintage. Mais ces derniers temps, je préfère l’ambiance classique, c’est le reflet du temps qui perdure.
NG : En réalité, je suis très occupé ces derniers jours donc je n’ai pas eu le temps d’acheter des vêtements d’occasion.
J’aimerais parler de vos sensibilités artistiques. Nigo Sang, votre carrière de directeur s’étend à tous les domaines artistiques, en passant de la musique et la céramique à des endroits tels que les hôtels et les supérettes, sans oublier le merchandising. Aviez-vous anticipé une telle évolution dans un passé lointain ?
NG : Lorsque j’ai commencé ma carrière en tant qu’éditeur, je ne l’avais jamais imaginé. C’était simplement un développement graduel et quotidien. Quand je me mets au travail et que j’ai une idée précise, mes mains bougent très vite. Évidemment, il y a eu des moments où j’ai senti ma propre progression. Le premier défilé de Kenzo en est un exemple, tout comme l’introduction en bourse et la cotation de Human Made. Aujourd’hui je suis doué pour créer des vêtements, mais je ne suis toujours pas bon en céramique.
Nigo, avez-vous une définition de la création ?
NG : Mode de vie. La créativité fait partie intégrante de ma vie.
J-Hope, à quel moment vos neurones s’activent-ils ?
JH : Lorsque je vois des personnes cool, j’ai un frisson d’excitation. Comme Nigo et Pharrell.
Je suis allé faire un tour au magasin Human Made situé à Apgujeong. Y a-t-il des détails que vous aimez ?
JH : Le slogan de Human Made au premier étage “The Future is in the Past” qui brille grâce aux néons et qui est accroché sur le devant du comptoir. La phrase en elle-même est déjà une très grande source d’inspiration. Si je pars du principe que tout ce que je fais devient mon patrimoine et ma valeur, alors je dois vivre chaque jour avec plus de précaution et profiter davantage du présent. Le temps s’accumule et s’écoule, alors je dois donner le meilleur de moi-même à chaque instant.
NG : Nous recherchions un bâtiment plus traditionnel que celui de la succursale de Seongsu. Le magasin d’Apgujeong a su exploiter cet aspect. Nous avons insisté pour que le lancement du nouveau magasin et celui de la collection HUMAN HOPE aient lieu simultanément.
JH: Je trouve fascinant de voir comment l’esthétique de Human Made s’exprime différemment à Seongsu et à Apgujeong. C’est à la fois émouvant et fascinant de voir une marque dont je suis fan depuis longtemps être autant appréciée par les Coréens.
Que signifie Séoul pour vous ?
NG : C’est la ville la plus puissante du monde en ce moment. Quand j’avais l’âge de J-Hope, c’était le cas pour Tokyo. En ce moment, je me sens un peu déprimé mais je suis excité quand je viens à Séoul. Je suis très envieux de cette situation.
JH : C’est maintenant ma vie. Elle est réconfortante et accueillante. Elle me relaxe et me donne de la force. C’est pourquoi je l’aime encore plus. Chaque moment que je vis a un lien avec Séoul. C’est une ville qui est connectée à mon énergie.


