Voici comment J-Hope rend hommage au hip-hop

Traduit de l’anglais (Weverse Magazine du 01/09/2022) par #Lolo

L’artiste montre son amour pour le genre dans Jack In The Box

Photo concept d'Arson @Big Hit MUSIC

Le respect est l’un des éléments clés les plus iconiques de la culture hip-hop. Parmi la compétition féroce et les battles de rap, les artistes de hip-hop ont toujours mis en valeur le respect et l’admiration, parfois les un·e·s envers les autres et parfois envers la culture. Aujourd’hui, le respect représente une sorte de campagne et il existe beaucoup de manières de l’exprimer, que ce soit avec des paroles, des interviews, les réseaux sociaux, la production et ainsi de suite. Le respect exprimé à travers un hommage musical est particulièrement agréable quand il est soutenu par une chanson bien écrite, et surtout quand on ne le voit pas venir. Comme dans l’album de J-Hope.

Jack In The Box montre l’ampleur de la passion et la considération artistique de J-Hope, et le titre le plus accrocheur de l’album est What if… . La chanson montre son affection et son respect pour le hip-hop. Elle n’illustre pas seulement l’assemblage créatif de sons qui composent l’échantillon : elle utilise aussi un échantillon de base remarquable. Qui aurait pu prévoir l’arrivée de Shimmy Shimmy Ya de Ol’ Dirty Bastard ? Pour apprécier pleinement l’impressionnant What If…, vous devez d’abord être conscient de l’histoire de la chanson dont il s’inspire.

Ol’ Dirty Bastard était un membre du Wu-Tang Clan, le groupe le plus innovant de l’histoire du hip-hop. Il revendiquait un style de rap incomparable, qu’on ne trouvait nulle part ailleurs. Il meurt tragiquement en 2004 par overdose à l’âge de 35 ans. Shimmy Shimmy Ya, un titre de l’album de ses débuts solo, Return to the 36 Chambers: The Dirty Version, est un classique et le monde entier des fans de hip-hop en parle encore aujourd’hui.

La chanson a été produite par RZA, chef du Wu-Tang Clan. Elle débute avec un rythme étrangement maussade créé par une répétition de piano et une batterie lo-fi, puis à partir de là, construit un mélange de chanson et de rap, pour finalement porter l’attention sur les vibrations captivantes du style de rap de Ol’ Dirty Bastard. La chanson toute entière est funeste. Le titre de J-Hope, What If…, hérite des parties principales et de l’atmosphère de Shimmy Shimmy Ya. La chanson est emmenée par cette même répétition tendue et appréhensive de piano tandis que le rap rapide et bas de J-Hope rend la chanson presque intimidante. Et puis il y a toutes les variations.

La variation dans le refrain est sans aucun doute le moment fort. Le ton du piano chute et la mélodie change en un instant dès l’arrivée du refrain, et la boucle qui a emprunté la texture musicale de la chanson modèle change pour devenir mélodique. Un son inédit s’invite dans le titre dans la foulée pour créer à nouveau un rebondissement mélodique et conclut la première partie de la chanson. Le coup de théâtre qui consiste à passer du hip-hop de l’est de New York des années 90 à quelque chose de plus électro est absolument passionnant.

Tout le monde, des fans jusqu’aux médias et aux artistes elleux-mêmes, sont d’accord pour dire que les années 90 étaient l’apogée du hip-hop. Alors que le genre semble avoir obtenu un succès commercial plus important à partir des années 2010, il n’y a aucun doute que les années 90 étaient une période où des nouveaux styles ont été créés pour chaque élément du hip-hop (du style de production et de rap jusqu’aux paroles), où des artistes étaient en compétition et où le genre est devenu encore plus populaire auprès du grand public. J-Hope emprunte un chef d’œuvre du hip-hop parmi les représentants de son ère et lui rend un hommage impressionnant à travers sa propre interprétation dans What If… . Quelle belle chanson.

MORE, un single dévoilé avant la sortie de l’album, possède aussi des similarités. Un son boom bap émoussé emprunté du début et du milieu des années 90 introduit le premier couplet et un riff de guitare électrique nous emmène au refrain rap rock. J-Hope commence par rapper avec un groove court et osé mais continue en criant, ce qui met son ambition artistique sur le devant de la scène. Avec son rythme animé et centré sur la batterie, le titre se rapproche du hip-hop old-school, plus que n’importe quelle autre chanson de l’album.

Juste après avoir terminé d’écouter What If…, j’ai ressorti mon vieux CD de Ol’ Dirty Bastard, pour la première fois depuis un bout de temps. Je me devais de réécouter Shimmy Shimmy Ya. Et après avoir écouté sa chanson, j’ai relancé What If… . Tout comme le hip-hop utilise les répétitions à son avantage, ces deux chansons interprétées par leur artiste respectif forment une boucle dans ma tête. J’espère que vous tomberez amoureux·se de ces montagnes russes par vous-même. Je suis sûr que vous ne serez pas déçu·e.